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La thérapie craniosacrale biodynamique

La thérapie cranio-sacrale puise ses origines dans l’ostéopathie. Au début du XXe siècle, W.G. tSutherland, fraîchement diplômé de l’école d’ostéopathie de Kirksville, en est le fondateur. C’est en observant un crâne désarticulé qu’il a une idée fulgurante : « Comme les branchies d’un poisson, fait pour un mouvement respiratoire ».

En effet, la région squameuse de l’os temporal suggère une mobilité articulaire faite pour un mécanisme respiratoire. Il entreprend alors d’étudier le crâne en détail pour prouver que son idée est fausse et que les os sont soudés, comme les livres d’anatomie le lui ont enseigné.

Après plusieurs années de recherche, il doit se rendre à l’évidence; toutes les surfaces articulaires indiquent qu’il s’agit d’un mécanisme précis permettant aux os un mouvement respiratoire d’une faible amplitude. Intrigué, il approfondit ses recherches notamment en étudiant ses patients. Peu à peu il se fait une idée des différents mouvements de chaque os crânien et de la mécanique de l’ensemble. Pour mieux comprendre et l’expérimenter, il comprime certaines parties de son crâne avec un casque particulier de sa fabrication et empêche ainsi leur mobilité. Il constate que lorsque le mouvement est réduit au niveau de sa tête, il y a une répercussion sur son sacrum. Ceci démontre que le mouvement se transmet par la colonne vertébrale au bassin et aux jambes.  

Il prend alors conscience que les effets d’un os restreint dans sa mobilité, n’occasionnent pas seulement des états de dépression, d’anxiété, des signes de psychose, des troubles de la mémoire et du sommeil, mais également des disfonctionnements  dans le reste du corps, notamment dans les organes digestifs. Une fois le casque enlevé, les os reprennent leur emplacement et leur amplitude de mouvement normal et les symptômes disparaissent peu à peu.

Peu a près, il établit le concept crânien dans l’ostéopathie. Il définit les mouvements « normaux « du système cranio-sacral, certains types de lésions et leur mouvement associés, ainsi que des techniques de manipulations correctrices. Il essaie finalement de faire accepter son concept par ses collègues ostéopathes. C’est un long chemin jusqu’à ce que le concept crânien fasse entièrement partie de l’enseignement de l’ostéopathie dans les années 1940.

C’est en 1970 que Dr. John Upledger enseigne pour la première fois la thérapie cranio-sacrale à des non-ostéopathes. Depuis, il y a eu différents modèles qui se sont développés dont le modèle biodynamique, reposant sur les travaux de R.Becker, J.Jealous et F.Sills. De nombreux ajouts ont fait de la thérapie cranio-sacrale biodynamique une forme de thérapie indépendante, douce et globale.

Pratique de la thérapie craniosacrale biodynamique

• Le système craniosacral

Le système craniosacral est composé des os du crâne, de la colonne vertébrale incluant le sacrum, des membranes cervicales et rachidiennes, du liquide céphalo-rachidien (LCR) et des différentes structures d’absorption et production du LCR.

Le système craniosacral protège le système nerveux central d’éventuels chocs ou blessures et a une fonction de transport d’informations et de nutriments. Le système craniosacral et en relation avec d’autres systèmes avec lesquels il a une influence réciproque : le système nerveux, le système musculaire et osseux, le système des fascias, le système hormonal et lymphatique, le système sanguin et respiratoire.

Les mouvements rythmiques que W.G.Sutherland sentait du crâne au sacrum sont générés par le mouvement propre du système nerveux central et par la fluctuation du liquide céphalo-rachidien dans le système membraneux du cerveau et de la colonne vertébrale. Un mouvement uniforme comme une vague passe du crâne au système craniosacral et se transmet à travers le squelette, les fascias et les liquides à l’ensemble de l’organisme. L’ensemble de ces mouvements est appelé le mécanisme de respiration primaire (MRP). La capacité de l’organisme et des différentes structures à exprimer ce mouvement est un facteur déterminant pour l’état de santé du corps.

Un thérapeute expérimenté peut ressentir par la palpation les restrictions ou blocages dans les structures du système craniosacral, des fascias mais aussi dans des structures environnantes comme les muscles, les organes ou les articulations. Ces blocages ou restrictions de mobilité peuvent avoir différentes origines :

Des chocs dus a des accidents, des opérations, des maladies ou par la compression ou des traumatismes subis à la naissance.Ils peuvent avoir des origines psychosomatiques, émotionnelles ou être générés par le stress. Ces facteurs peuvent êtres récents ou anciens.

Par une connaissance approfondie d’anatomie physiologie et des mouvements et rythmes du système craniosacral, on peut libérer les blocages, redonner une amplitude de mouvement à des articulations restreintes dans leur mobilité par des techniques mécaniques. Cette manière de travailler pourrait être qualifiée de biomécanique.

Elle se concentre en effet sur un symptôme, son origine structurelle ou mécanique et la correction de celui-ci par une technique appropriée.

• Le modèle biodynamique

Le modèle biodynamique repose sur les études des 6 dernières années de pratique de W.G.Sutherland. En effet, son travail après 50 ans de pratique est devenu de plus en plus subtil. Il constata que parfois, lorsqu’il était en train de ressentir les mouvements et rythmes chez ses patients, ceux-ci s’autorégulaient avant qu’il n’ait le temps d’appliquer la technique correctrice. Intrigué, il manipula moins de l’extérieur, mais essayait plutôt d’écouter et de suivre une force physiologique interne qu’il appela le « souffle de vie » et qu’il désigna comme la force organisant la guérison. Il disait à ce propos : « Faites confiance à l’intelligence de la physiologie interne du corps plutôt que d’appliquer une force aveugle de l’extérieur ».

Ce principe est le fondement du modèle biodynamique. Le thérapeute va éviter de focaliser sur le symptôme et de vouloir le corriger de l’extérieur, mais il va se concentrer sur la santé. Celle-ci est toujours présente de manière inaltérée en chacun d’entre-nous, la maladie n’étant qu’en périphérie. Reprendre contact avec la santé au centre, va lui permettre de se redéployer jusqu’en périphérie. Pour permettre à cette force physiologique interne, le souffle de vie, de réorganiser l’organisme, le thérapeute va adopter une attitude intérieure particulière.

Il va être présent dans son propre corps, avoir conscience de sa propre ligne médiane et de l’espace autour de lui. Il va entrer en contact physique avec le patient avec respect et attention pour chercher l’espace dont la personne a besoin. Il est attentif à ne pas transgresser les limites physiques et psychologiques du patient.

Il est possible voir si la distance physique et psychologique est correcte par des signes d’activation du système nerveux autonome. Lorsque le thérapeute est à la bonne distance, l’activation du système nerveux s’arrête, s’ensuit une profonde relaxation. À partir de cette détente, il est possible de percevoir et suivre les mouvements et rythmes internes du corps, sans focaliser sur les perturbations. Ainsi il pourra rentrer en contact avec le souffle de vie. Le thérapeute ne répare pas, mais il est un témoin passif qui laisse la guérison avoir lieu de l’intérieur, vers l’extérieur selon le chemin unique du patient.

• Les champs d'application

Les champs d’application sont nombreux car la thérapie cranio-sacrale biodynamique est très douce et peut ainsi être appliquée sur des nouveau-nés comme sur des personnes âgées, même dans des cas critiques et de douleurs aiguës. Son application s’étend à toutes maladies du système ostéo-articulaire, maladie concernant le système sanguin et respiratoire. Elle est particulièrement indiquée pour des maladies du système nerveux ou hormonal, très efficace aussi en cas, de migraines, troubles du sommeil, états d’épuisement. Elle a également une action bénéfique pour les problèmes d’acouphène, de sinusite, de problèmes de mâchoire, douleurs de dos. Son application est bonne pour toute maladie engendrée par le stress, lors de douleurs chroniques, de fibromyalgie, de maladies neurologiques et du système nerveux végétatif.  Elle est efficace pour des problèmes de concentration et des problèmes d’hyperactivité chez les enfants.

Grâce à sa douceur, elle est particulièrement recommandée pour aider les nouveau-nés à gérer les pressions subies durant la naissance et à soulager divers problèmes chez les nourrissons. W.G Sutherland parlait des rameaux courbés en évoquant les enfants, en signalant l’importance pour le rameau courbé d’être rétabli tôt pour que l’arbre puisse pousser droit.

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Severin Berz
PS : cet article à été publié dans RectoVerseau du mois de mai 2005
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