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La crise de goutte aiguë

La première crise de goutte aiguë survient habituellement entre 30 et 50 ans, rarement avant 25 ans et après 60 ans. Les gouttes à début précoce sont en général sévères. Les gouttes féminines commencent rarement avant la ménopause.

• Facteurs déclenchants

Les accès de goutte aiguë peuvent survenir sans raison apparente ou à la suite de certaines causes déclenchantes, dont la plus fréquente est l'erreur de régime : excès alimentaire ou alcoolique, ou encore parfois, consommation, même en quantité modérée, d'un aliment déterminé (abats, gibier, viandes en sauce) ou d'une boisson déterminée (porto, bourgogne, champagne), variables selon les patients.

Le traumatisme, les microtraumatismes provoqués par une chaussure trop serrée ou une marche prolongée, le surmenage, les émotions vives, les infections (angine, grippe), les intempéries sont d'autres causes déclenchantes assez souvent accusées.

Un infarctus myocardique, une intervention chirurgicale quel¬conque peuvent déclencher une crise chez le goutteux : l'arthrite goutteuse est la plus fréquente des arthrites aiguës post-opératoires.

Certains médicaments, en particulier les diurétiques qui provoquent une élévation de l'uricémie, peuvent encore déclencher un accès goutteux.

• Prodromes

un certain nombre de goutteux sont prévenus parfois ou souvent de l'imminence de leurs accès par des prodromes locaux : gêne vague à l'articulation qui sera frappée, lourdeur, crampes ou soubresauts musculaires dans les membres inférieurs, ou généraux : nervosité, fatigue et insomnie surtout, troubles dyspeptiques, frissons, fièvre, dysurie dans quelques cas, prodromes qui permettent aux malades de prévoir certaines de leurs crises.

• La crise de goutte aigë

La goutte aiguë est caractérisée par des accès inflammatoires dont la forme typique est l'atteinte du gros orteil. L'accès lui-même touche en général une seule articulation. Il est remarquable par son début très brutal, le plus souvent nocturne, par son siège (articulation métatarso-phalangienne du gros orteil d'un seul côté) et par ses caractères. Les signes d'inflammation aiguë atteignent leur point culminant en quelques heures.

Accès goutteux typique du gros orteil
La douleur qui les accompagne, signe fonctionnel majeur, est atroce, évoquant l'arrachement, le broiement, la morsure. Elle est exacerbée par le moindre contact, ce qui interdit tout mouvement, provoque l'insomnie et l'impotence fonctionnelle et prédomine à la face intérieure de l'articulation.

La crise dure quelques jours, 5 à 10 au plus, souvent avec des recrudescences nocturnes, puis les signes inflammatoires diminuent : les douleurs s’apaisent, l’œdème et les rougeurs diminuent, la peau desquame et devient prurigineuse. A la suite de l’accès, la fonction articulaire se normalise.  

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