|
|
Vieillir avec l'homéopathie
|
|
|
Comment reconnaît-on qu'on vieillit ? D'abord à l'apparence, celle des autres au moins, car si l'on est long à se juger soi-même et indulgent à ses propres insuffisances, on ne manque pas de juger plus objectivement et plus sévèrement ses semblables. Le teint devient plus terne, les cheveux blanchissent, la peau prend un aspect empâté au flétri, surtout on sent que les forces commencent à décroître, tout travail devient non seulement fatigant mais ennuyeux, d'autant que les nuits ne sont pas reposantes, et que la mise en route du matin est pénible.
Il y a certes un grand nombre de remèdes homéopathiques adaptés à ces différents troubles. C'est ainsi que Barita carbonica Aurum, Plumbum, sont de gros remèdes de sclérose et d'hypertension ; que Lycopodium, Arsenicum Album, Phosphorus seront d'un précieux secours pour ouvrir un émonctoire rénal défaillant, que Causticum, Rhus tox assouplissent les articulations; que Psorinum, Carbo Vegetabills, Selenium, seront indiqués quand la déperdition de force vitale sera au premier plan. Il existe, en outre, des formules complexes préparées par certains laboratoires qui peuvent être employées à titre d'utiles adjuvants. Mais, vous le savez, la prescription homéopathique ne se fera jamais sur des symptômes impersonnels. C'est, chez le vieillard comme chez l'adulte, la note individuelle qui prime tout, et je crois plus intéressant, pour bien vous en convaincre, de dessiner à grands traits quelques types homéopathiques de vieillards rencontrés couramment en pratique. Vous constaterez ainsi une fois de plus combien l'étude synthétique d'un personnage est plus riche, plus passionnante, plus humaine, qu'un froid et parcellaire diagnostic de lésion anatomique.
Le vieillard "Baryta carbonica" est un homme au visage amorphe, impassible, d'où semble s'être retirée toute sensibilité et toute intelligence. Il cherche à s'isoler de son entourage, mais s'attendrit pour des faits insignifiants. Il perd la mémoire, surtout pour les événements récents. Cet engourdissement s'accompagne de pesanteur de la tête avec sensibilité du cuir chevelu comme si le sujet avait "mal aux cheveux". Il s'agit d'un sujet hypertendu, candidat à la paralysie par ramollissement ou hémorragie cérébrale.
Le vieillard "Causticum" est un sujet maigre, sec, raide, contracté. Sur ce fond de raideur apparaissent des douleurs névralgiques déchirantes avec sensation de brûlures comme par de la chaux vive. Il existe des vertiges, une incontinence des urines à la toux ou à la marche, souvent de l'enrouement. Le malade "Causticum" est silencieux, mélancolique, pessimiste, mais surtout il est peureux et anxieux, il redoute l'obscurité et même le crépuscule. Il est en outre très sensible aux malheurs qui atteignent autrui et aux situations tragiques offertes par le cinéma et les faits divers des journaux.
Le vieillard "Psorinum" est avant tout un frileux. Il lutte sans cesse contre la déperdition d'énergie qui l'accable, il entasse les gilets, les chemises, les chandails, les ceintures de flanelle, même en plein été il ne se découvre pas. C'est un pauvre être accablé, à l'air maladif, peu agréable à voir, peu appétissant à approcher. Car sa phobie du froid le fait user rarement de l'eau et du savon, et il a facilement des éruptions, des lésions, des grattages, des sueurs, le tout dégageant volontiers une odeur pénible. Au point de vue mental il se voit beaucoup plus malade qu'il ne l'est, il est persuadé d'ailleurs que tous les remèdes échoueront et qu'il est condamné à son triste état pour le reste de ses jours. Une seule chose l'intéresse : manger, car il a l'impression que la nourriture lui apporte un certain surcroît de vitalité. Il a des fringales, et même la nuit, il se réveille pour manger.
Le vieillard "Thuya" est un sujet épais, lourd, aux hanches infiltrées. Le visage est d'apparence gras, luisant, avec accentuation du sillon entre le nez et la bouche. Les sueurs sont abondantes, spécialement au niveau des mains. La peau est parsemée de verrues et d'acné, les ailes du nez sont sillonnées de traînées bleuâtres. L'indolence de ce sujet est parfois masquée par une agitation nerveuse, fébrile, impatiente et désordonnée. Très impressionnable, il pleure en écoutant de la musique, il a facilement des idées fixes, des obsessions. C'est un malade prédisposé au cancer, et qui d'ailleurs le redoute particulièrement.
Le vieillard "Arsenicum" est surtout un anxieux et un agité. Il a constamment besoin de changer de place, il a peur de la solitude, peur d'être incurablement malade et a une peur atroce de la mort. Il fait des rêves pénibles d'eau, d'accidents, d'incendies, et se réveille habituellement vers 1-2 h. épuisé et anxieux. Physiquement, il est maigre, pâle terreux, les yeux facilement gonflés, il a besoin de boire souvent, mais peu à la fois. Il a des sensations de brûlure sur tout le corps et cependant il recherche la chaleur. Sa peau est sèche, durcie, parfois écailleuse.
Cette galerie de portraits pourrait évidemment être étendue considérablement et je voulais seulement vous montrer quelques exemples de la façon dont s'établit un contact humain entre médecin homéopathe et malade.
Ainsi chacun vieillit à sa façon, altère ses articulations ou ses artères, se dilate ou se rétracte, s'empâte ou se cachectise, ce qui montre bien à quel point la note personnelle, si caractéristique de l'homéopathie, est irremplaçable. Il n'est pas question, certes, d'un traitement miracle de rajeunissement mais d'un traitement permettant d'atteindre avec sérénité et joie un âge avancé, à l'abri des trop lourds handicaps physiques et psychiques. N'est-ce pas là l'essentiel ? Car, comme l'a dit un humoriste, vieillir est encore le seul moyen qu'on ait trouvé de vivre longtemps.
Les problèmes du vieillissement, auxquels la médecine officielle s'intéresse depuis peu, sont de ceux que l'homéopathies aborde naturellement et qui trouvent, pour lui, une réponse sans même qu'il soit besoin de les étudier à part. Et l'on voit bien cette différence d'optique entre les deux conceptions déjà quand il s'agit de définir la vieillesse.
Commence-t-on à vieillir quand diminue la faculté d'accommodation du cristallin, c'est-à-dire... à 12 ans, ou quand commence le tassement des disques intervertébraux, c'est-à- dire... vers 25 ans ? Doit-on considérer comme le début de la vieillesse l'âge de la retraite ou chercher un critère biologique de vieillissement dans un dosage d'hormones ? A vrai dire on sent bien qu'aucune définition n'est satisfaisante. Il y a des vieillards de 30 ans, il y a des sujets de 70 ans qui restent extrêmement jeunes. Et je préfère m'en tenir à cette classification personnelle : la vieillesse commence quand la vie devient plus un effort qu'une joie.
C'est dire que sur un terrain aussi mouvant la personnalité de l'étude homéopathique peut se donner libre cours. Chez l'individu marqué dès le départ par sa constitution, par son hérédité, par ses diverses intoxications, le médecin homéopathe peut, bien plus précisément que son confrère officiel, prévoir l'avenir.
Ce sujet, épais et lourd à 25 ans, sera un candidat à l'hypertension artérielle, à la lithiase binaire ou rénale. Cet autre, long, mince, sec, nerveux, fera rapidement une sclérose de son système nerveux et de ses artères, et devra craindre un accident paralytique. Ce troisième, éternellement fatigué et lent, restera de longues années sans voir se modifier apparemment son état physiopathologique. Ainsi l'homéopathie, rigoureusement personnalisée dès l'âge adulte, amènera chaque malade, non pas à ne pas vieillir, mais à connaître une vieillesse dont tous les inconvénients seront atténués par un traitement préventif. Car, et c'est là un premier point remarquable, quand un médecin homéopathe prescrit un traitement à un malade, il est obligé, de par la technique du traitement homéopathique, de faire un traitement en profondeur, et par conséquent, en s'appuyant sur le passé et le présent, de préparer l'avenir. Voilà bien pourquoi il n'est pas excessif de dire que le problème du vieillissement est pour l'homéopathe un faux problème.
|
| • Vieillisement prématurée |
Un autre point capital, sur lequel je me dois d'insister, est le suivant : Alors que la médecine s'enorgueillit de l'augmentation moyenne de la longévité (due en grande partie à la baisse de la mortalité infantile, les manifestations de sénescence se produisent chez des sujets de plus en plus jeunes. A côté du vieillissement normal, physiologique, on note un vieillissement artificiel provoqué par les erreurs de la civilisation moderne. Les excès et les intoxications alimentaires, la pollution de l'air et de l'eau, les thérapeutiques abusives, les cutiréactions, les vaccinations multipliées sans cesse, finissent par user l'organisme, par créer des êtres à la vitalité diminuée, en somme par transformer les adultes en vieillards précoces. Ne croyez pas que ce tableau soit noirci et pessimiste. Tout médecin homéopathe, qui sait reconnaître cette dégénérescence sournoise et inéluctable, la constate journellement dans sa clientèle. Et c'est tellement vrai que cette usure prématurée, ce vieillissement des jeunes sujets sont considérés en homéopathie comme des causes morbides fondamentales : c'est ce qu'on appelait autrefois la sycose et aujourd'hui la réticulo-endothéliose chronique, ce qui veut dire simplement la surcharge du tissu conjonctif. Certaines cellules de ce tissu constituent en effet un système de défense dont l'efficacité est puissante, mais non inépuisable.
Cela étant posé,.0 il reste, bien entendu, pour l'homéopathe comme pour l'allopathe, que le vieillissement de l'organisme, toute cause pathologique particulière étant exclue, va se manifester par deux phénomènes très étroitement conjugués :
la diminution du rendement énergétique, c'est-à-dire l'augmentation de la production des déchets par rapport à la quantité de substances ingérées;
la sclérose, c'est-à-dire le durcissement des tissus, qui perdent leur élasticité physiologique et leur faculté d'adaptation.
Ces phénomènes imposent, avant tout, des règles d'hygiène particulières en ce qui concerne l'alimentation et le genre de vie. L'importance de ces règles m'oblige à les rappeler ici, quoiqu'elles n'aient rien de spécialement homéopathique :
maintien d'une activité physique suffisante pour éviter l'ankylose des articulations et la fonte des muscles.
maintien d'une activité intellectuelle suffisante, et surtout des centres d'intérêt, quels qu'ils soient, pour éviter la sclérose du système nerveux central (ce point est capital chez les retraités);
alimentation : ni trop ni trop peu, ce qui est plus difficile à réaliser qu'on ne le pense, les vieillards ayant une tendance notable soit à négliger complètement l'alimentation, pour éviter dépenses et fatigue, soit au contraire à tout sacrifier aux plaisirs de la table, estimant que ce sont les seuls qui leur restent. Il faut surtout limiter la consommation de matières grasses d'origine animale et de viande.
Augmentation des déchets et sclérose ont pour conséquences d'innombrables symptômes, dont les plus habituels sont :
les divers troubles d'artériosclérose et d'hypertension : vertiges, troubles visuels, maux de tête, perte de mémoire.
l'insuffisance rénale avec élévation du taux de l'urée dans le sang ;
l'arthrose, c'est-à-dire le rhumatisme chronique au niveau des diverses articulations ;
la diminution de la capacité respiratoire par suite de la sclérose des alvéoles pulmonaires et de la fatigue cardiaque;
les troubles de l'état général : obésité ou maigreur, fatigabilité rapide, frilosité, désintérêt de la vie, avec difficulté de s'adapter et refus de regarder vers l'avenir.
|
|
|
|